Le Collège d’avis travaille actuellement sur un règlement en matière d’accessibilité des programmes. Une bonne occasion de faire le tour de la question avec quatre protagonistes.
Comme tout un chacun, les personnes déficientes sensorielles apprécient la télévision. Pour leur permettre de suivre les programmes, les émissions peuvent être adaptées par diverses solutions d’accessibilité.
En Communauté française, on connaît depuis de nombreuses années la traduction gestuelle, qui permet aux personnes sourdes de suivre le Journal Télévisé de la RTBF. on connaît aussi le sous-titrage télétexte, qui offre au téléspectateur sourd ou malentendant la possibilité de suivre une émission en activant ces sous-titres via une page spécifi que du télétexte (en général la page 888). outre ces deux solutions, il existe aussi l’audio description, une technique qui consiste à rajouter une voix-off décrivant les éléments visuels d’un programme à l’attention du public aveugle ou malvoyant.
En 2006, le Collège d’avis du CSA Belge s’était déjà intéressé à la question de l’accessibilité des programmes en Communauté française [1]. Et il avait reconnu que la situation n’est pas brillante : hormis pour la RTBF, dont le contrat de gestion balise clairement les objectifs à atteindre en matière de sous-titrage et de traduction gestuelle, il n’existe aucune disposition légale visant l’accessibilité des programmes de télévision. en conséquence, la Communauté française est à la traîne par rapport à d’autres paysages européens, comme la Flandre, la France ou encore le Royaume-Uni.
Il s’agit d’une situation que déplore la Commission d’accès à l’audiovisuel de la Fédération Francophone des Sourds de Belgique, dont la vice-présidente Christelle Balard nous dresse le point de vue ainsi que les arguments que les associations représentatives des publics déficients sensoriels exposent régulièrement : la télévision est un outil d’inclusion sociale et la rendre accessible à tous relève d’un droit à la non-discrimination.
De l’autre côté, les éditeurs de services expliquent régulièrement les spécificités de notre paysage. Les frais engendré pour sous-titrer un programme ou l’adapter en traduction gestuelle sont identiques quelle que soit l’audience ou la taille du paysage, de sorte qu’on ne peut comparer la situation des grands pays et des petits, comme la Communauté française. Jean-Charles Beaubois expose, pour la RTBF, les efforts importants qui ont été consentis depuis deux ans pour augmenter la quantité de programmes accessibles sur le service public.
L’accessibilité des programmes ne vise pas uniquement les éditeurs de services. Les distributeurs sont également concernés, car les solutions d’accessibilité, et en particulier les solutions « fermées », c’est-à-dire débrayables, comme le sous-titrage et l’audio description, restent tributaires de tous les maillons de la chaîne d’acheminement des signaux, depuis la production jusqu’au décodeur. Par la voix de Tanguy De Keyser, Belgacom nous fait part de ses efforts pour garantir la disponibilité des sous-titres au sein de son offre, qu’il s’agisse des chaînes classiques ou des services à la demande comme la catch-up TV.
Dans la foulée de la directive européenne « Services de médias audiovisuels » qui prévoit que les Etats-membres doivent « encourager » le développement de l’accessibilité en télévision, le décret a confié au Collège d’avis la mission d’élaborer un règlement sur cette question. Les travaux du Collège d’avis sont en cours. Ils pourront peut-être s’inspirer de principes adoptés chez nos voisins, comme le Royaume-Uni, un précurseur dont Peter Bourton dresse l’état des lieux depuis l’Ofcom, notre homologue britannique. Il fait mention, notamment, des équilibres et choix en matière de solutions d’accessibilité (le sous-titrage y est préféré à la traduction gestuelle), mais aussi de mesures « réalistes » qui tiennent compte à la fois de l’audience et du chiffre d’affaires des chaînes pour fixer des objectifs chiffrés et progressifs.
« Être sourd ou malentendant ne peut, en aucun cas, justifier dans notre pays d’être exclus du canal divertissant, informatif ou politique qu’est la télévision ».
Christelle BALARD
UNE LA TÉLÉVISION ACCESSIBLE AUX SOURDS ET MALENTENDANTS EST UN DROIT LA NON-DISCRIMINATION.
En 2010, les sourds et malentendants sont encore lourdement exclus du paysage audiovisuel belge. Les attentes et les frustrations de ce public sont nombreuses et quotidiennes, car les contrats de gestion télévisuels sont pénalisants et puissamment discriminatoires.
Quasi pas de sous-titrage, à peine arrive-t-on à un millier d’heures sur les centaines de milliers que comporte le programme annuel. Aucun choix des programmes sous-titrés qui concernent essentiellement des émissions éducatives.
Le public sourd et malentendant n’est pas sollicité et aucun consensus n’est requis pour qu’il soit satisfait par la programmation qui le concerne prioritairement, contrairement à ce qui se pratiquait au départ. Quid alors de mission publique pour certaines chaînes ?
La langue des signes, malgré sa reconnaissance en 2003 dans notre pays, n’est pas suivie par des transpositions concrètes et réelles dans le quotidien. Le journal en langue des signes, dont la RTBF fut pionnière en 1981, a même disparu de la télé belge depuis 2007 lorsqu’il fut relégué sur la Trois. La Trois exige un décodeur dont la plupart des foyers sourds ne sont pas équipés et elle n’est, de plus, pas reprise par tous les câblodistributeurs.
Les attentes des citoyens sourds et malentendantes sont simples, et sont à la hauteur de ce que des citoyens européens sont en droit d’attendre de leur pays en communauté européenne.
La Belgique a ratifié la convention des Nations Unies sur le handicap en juillet 2009 [2], elle s’est donc engagée sur un processus de lutte contre la « discrimination fondée sur le handicap ». Etre sourd ou malentendant ne peut, en aucun cas, justifier dans notre pays d’être exclus du canal divertissant, informatif ou politique qu’est la télévision.
La télévision peut paraitre un sujet anecdotique de choix de militantisme, mais si l’on approfondit le sujet, on s’aperçoit combien en être privé, provoque colère et frustration.
La télévision cristallise, à elle seule, une société qui s’évertue à maintenir l’inégalité des chances de ses citoyens sourds et malentendants. Des enfants allant jusqu’aux personnes âgées vivent tous les jours, à répétition, ce manque de considération. Ne pas pouvoir regarder la TV signifie être privé d’un droit fondamental à l’information et à ce droit inaliénable qu’est l’appréhension et la compréhension du monde qui nous entoure. Des dialogues de dessin animé, des échanges verbaux dans un film, des débats politiques offrent une vraie palette de communication variée et réelle de ce qui se vit autour de nous.
Regarder la TV ne sera jamais équivalent à lire un livre ou à allumer un ordinateur. Un sous-titrage n’aura pas le même impact qu’un écrit figé. La télévision, ne l’oublions surtout pas, est un MEDIA DE MASSE. Elle est présente dans tous les foyers, et représente par son choix de programme, la culture du pays qui lui est propre. Elle « relie » les personnes, et provoque même un ancrage trans-générationnel, car pouvoir partager avec son grand-père un film, un dessin animé avec ses parents, ou encore voir les Niouzz avec les copains, ou... est inestimable en terme d’émotions et de communication.
La TV bien utilisée est un moment partagé. Elle ouvre au monde lorsque l’on peut en parler avec d’autres que soi, à égalité de compréhension. Elle peut offrir des repères, des souvenirs aussi (« je me souviens tous les mardis soirs regarder avec mes parents le film, car le lendemain il n’y avait pas l’école », ou encore « Blabla », le mercredi).
Empêcher l’accès télévisuel en Belgique francophone oblige donc le public, ainsi rejeté, à se tourner vers d’autres chaînes. C’est pourquoi, actuellement, les sourds et malentendants belges se tournent vers la France pour se détendre, se cultiver et s’ouvrir aux dialogues. C’est un réel problème car si les émissions politiques étrangères sont sous-titrées et parfois traduites en langue des signes, ce n’est pas le cas chez nous. Il est donc anormal que les sourds et malentendants connaissent mieux ce qui se passent politiquement et culturellement en France, que ce qui se passe chez nous et qui fait notre particularité identitaire.
Il est inacceptable de continuer ainsi, de manière archaïque, à nier publiquement les besoins vitaux des sourds et malentendants. Les contrats de gestion bloquent toute discussion, toute reconnaissance, car nous en sommes totalement exclus. Nous n’avons aucun droit de regard et de correction sur ces contrats qui, ainsi verrouillent des programmes pour des années, et nous excluent de notre droit à l’égalité des chances et d’information.
Les solutions concrètes sont pourtant faciles à mettre en place, elles exigent certes un budget adéquat dont nous sommes tous conscients. Mais nous tenons à rappeler que des directives européennes [3] sont là pour protéger le public.
En conclusion, nous souhaitons une télévision respectueuse et qui s’engage réellement sur la voie de non-discrimination fondée sur la surdité. C’est une question de solidarité essentielle aujourd’hui en Francophonie. C’est notre droit et votre devoir.
Jean-Charles BEAUBOIS
LES SOURDS ET LES MALENTENDANTS : UN PUBLIC QUI N’EST PAS OUBLIÉ PAR LA RTBF.
Depuis de nombreuses années, ce public fait partie de nos préoccupations. Il est vrai que nous avions commencé de façon assez timide par la traduction gestuelle. Mais depuis 5 ans, les choses se sont accélérées. Une cellule de sous-titrage documentaire travaille de façon plus systématique avec un premier investissement principalement dans le programme FAB permettant un travail un peu plus rapide. Trois ans plus tard, c’est la cellule JT qui voit le jour, avec un investissement de près de 130.000 € (184’855 CHF) en matériel et l’engagement de 10 personnes à temps partiel. Le but : donner accès à l’information en direct. Outre, le personnel, une demande permanente existe auprès de nos fournisseurs de logiciels pour améliorer le rendement de ceux-ci. En outre, le Journal Télévisé est également traduit en langue des signes et disponible sur la Trois.
« Nous sommes tenus par une enveloppe que la Communauté française a choisi de restreindre, ralentissant par la même occasion les développements que l’on pouvait avoir par exemple en matière de sous-titrage ».
Depuis que la cellule existe, plusieurs évènements sont alors pris en charge par le groupe. L’émission CAP 48, l’investiture du président américain ou encore plus récemment, les catastrophes d’Haïti, ou celle plus proche de chez nous, l’accident de train de Halle. Des évènements graves, parfois plus heureux qui émaillent la vie de nos citoyens et qui marquent les esprits. Il est vrai qu’une demande existe pour les magazines d’informations, comme « Question à la Une » ou « Mise au point ». Pour y répondre, il nous faudra encore du temps, car il n’est pas facile de travailler en flux tendu, puisque ces émissions peuvent à tout moment changer leur programmation. Ce qui est l’essence même de ce type de magazines. Nous cherchons là aussi des solutions.
Tout cela, c’est déjà presque le passé. Il est temps donc de regarder devant nous et de répondre aux demandes de notre public de sourds et de malentendants. Mais pour donner une réponse réaliste, il est nécessaire de prendre en compte l’aspect budgétaire de notre entreprise. Nous sommes tenus par une enveloppe que la Communauté française a choisi de restreindre, ralentissant par la même occasion les développements que l’on pouvait avoir par exemple en matière de sous-titrage.
Doit-on pour autant mettre entre parenthèses notre action ? Pas du tout ! L’équipe de sous-titrage de la RTBF veut relever les défis prochains avec des limites, certes, mais que nous essayons de repousser chaque jour. Nous n’avons pas attendu l’échéance de 2011 pour atteindre le chiffre de 1.000 heures de programmes sous-titrés. En effet, en 2009, ce n’est pas moins de 1.106 heures de programmes sous-titrés que nous avons proposés à nos téléspectateurs. Et ce n’est pas fini. Nous cherchons encore des pistes pour augmenter de façon significative notre offre de programmes sous-titrés. Deux grandes pistes se détachent dans ce cadre et sont déjà actuellement mises en œuvre. Tout d’abord, la collaboration sous forme d’échange avec d’autres chaines de télévision. Un accord vient d’être trouvé avec la TSR, on commence les négociations avec France télévisions. La seconde piste est l’amélioration du matériel et la diversification de celui-ci qui pourrait nous permettre de sous-titrer plus vite tout en gardant la qualité de notre travail. L’amélioration technologique pourra à court terme nous permettre de proposer le sous-titrage sur de nouveaux supports. Je pense au WEB par exemple ou sur les programmes « À la demande ».
Nous travaillons chaque jour à l’amélioration de ce service qui et j’en suis certain vivra dans les prochains mois, voir les prochaines années encore de grands changements. Mais une nouvelle fois, signalons que ces changements se feront dans un ordre budgétaire réaliste. Malheureusement, nous n’avons pas les moyens d’un groupe comme France Télévisions, il est dès lors irréaliste de prétendre atteindre le même niveau, du moins la même quantité de programmes adaptés. La RTBF entre actuellement de plein pied dans le 21ième siècle et s’adapte sans cesse aux nouvelles technologies. Les sourds et les malentendants ne sont pas oubliés comme vous pouvez le constater et l’avenir nous réserve une fois encore de belles choses.
Tanguy DEKEYSER
BELGACOM TV ET L’ACCESSIBILITÉ...
Une des valeurs fondamentales pour le groupe Belgacom est la diversité et le pluralisme. Elle se ressent en interne au niveau des milliers d’employés qui travaillent chez Belgacom. Notre société ouvre ses porte à chaque compétence peu importe la personne qui est derrière. Le but est de trouver LA bonne personne, étant persuadé que chacun peut apporter une pierre à la réussite d’une société spécialisée en multimédias.
« Le futur pourrait proposer de nouvelles émissions et solutions en fonction de ce que chaque chaîne rendra disponible aux sourds et malentendants ».
Un de ces médias est Belgacom TV. La télévision d’aujourd’hui et de demain. Depuis 5 ans, nous nous employons à fournir de nouveaux services à nos clients pour qu’ils apprennent à regarder la télé autrement. La télévision n’est plus maintenant un média passif puisqu’elle vous permet de choisir quand et comment vous voulez voir le programme que vous aimeriez de regarder.
En plus des chaînes habituelles, de nombreuses chaînes thématiques pour tous les goûts sont disponibles. Foot, film à la demande, télé à la demande, musique à la demande, documentaires,… sont autant d’autres choix possibles. L’interactivité aussi sert à cette expérience unique de télévision nouvelle. Il est enfin possible de fixer soi-même le contrôle parental, et de le rendre personnel à chaque famille. Vous contrôlerez ainsi votre télévision.
Jean-Charles De Keyser, vice-président de IMU chez Belgacom dit d’ailleurs que « L’accessibilité de nos services est une vraie priorité pour Belgacom. L’interactivité permet à Belgacom TV de rendre son contenu accessible au plus grand nombre de personnes et de rendre l’expérience client la plus intéressante possible ».
Plusieurs questions nous sont parvenues justement sur l’accessibilité de nos programmes à certaines personnes. Si Belgacom évolue sans cesse, il y a déjà à ce jour plusieurs choses acquises et qui permettront aux sourds et malentendants d’avoir accès à nos programmes. A peu près 8% de nos films sont diffusés en Version Originale et donc sous-titrés. Ce sont des films d’auteur, mais aussi d’autres films plus grand public, comme Harry Potter et le Prince du sang mêlé, par exemple. Les séries aussi deviennent disponibles avec des sous-titres via RTL à l’infini (la télévision de rattrapage du groupe RTL). Actuellement, Desperate Housewives 5, par exemple, est disponible avec des sous-titres.
Au niveau des chaînes, nous avons opté pour la continuité technologique. Chacune d’entre elles, proposant des sous-titrages via le télétexte, est disponible sur Belgacom TV. Le JT de la RTBF, par exemple, des émissions en prime time sur les chaînes françaises sont sous-titrées (à chaque fois, un logo le signalant apparait). Le futur pourrait proposer de nouvelles émissions et solutions en fonction de ce que chaque chaîne rendra disponible aux sourds et malentendants. Pour avoir accès au télétexte, il ne faut pas avoir une nouvelle télévision, puisque le décodeur de Belgacom TV est muni du télétexte.
Enfin, Belgacom fait de la production propre. Il est facile pour les malvoyants ou les aveugles de suivre des matchs de foot sur Belgacom 11. Des descriptifs très complets pour chaque match de la Jupiler Pro League sont proposés par nos commentateurs et spécialistes foot dont Marc Delire et Philippe Hereng. Le multi live aussi permet d’entendre par plusieurs commentaires les points marquants en Live des rencontres du samedi soir. D’autres émissions tentent à mettre des films en avant. Elles présentent plusieurs films en y décortiquant certaines scènes. Rentrer dans le film deviendra alors plus amusant. De nombreux documentaires sont évidemment présents sur Belgacom TV. Ils donnent toujours de très belles images et sont très explicatifs.
Le milieu des médias évoluant sans cesse, d’autres technologies devraient exister dans le futur…
Peter BOURTON
L’ACCESSIBILITÉ DES PROGRAMMES DE TÉLÉVISION AU ROYAUME-UNI
Cela fait de nombreuses années que les principales chaînes de service public britanniques ont été rendues accessibles au moyen du sous-titrage, de la langue des signes et de l’audio description. Ce n’est toutefois que depuis 2005, suite à une législation promulguée fin 2003, que ces dispositions se sont répandues sur d’autres chaînes disponibles au Royaume-Uni.
Cette loi – le Communications Act 2003 – prévoit, pour les chaînes concernées, des objectifs de 80% de sous-titrage, 10% d’audio description et 5% de langue des signes. Elle confie au régulateur national britannique des communications (l’Ofcom) la responsabilité d’élaborer les règles et de vérifier que les chaînes concernées rencontrent les objectifs légaux dans les dix ans. L’Ofcom a décidé que les obligations en matière d’accessibilité ne devraient s’appliquer qu’aux services qui touchent une audience suffisante, et ce dans la mesure des moyens financiers de leurs éditeurs. Pour ces raisons, seules les chaînes avec une part d’audience supérieure à 0,05% sont tenues de proposer des programmes accessibles. Les chaînes pour lesquelles le coût des mesures d’accessibilité (telles que prévues par l’Ofcom) dépasserait 1% du chiffre d’affaires sont également exemptées. Ceci étant calculé sur une base annuelle. Pour 2010, 72 chaînes ont des obligations en matière d’accessibilité, ce qui représente plus de 90% de l’audience nationale.
Sous-titrage
De toutes les solutions d’accessibilité, le sous-titrage est la plus prisée par les téléspectateurs. C’est avant tout pour cette raison que les objectifs relatifs au sous-titrage sont beaucoup plus élevés que pour les autres solutions d’accessibilité. La plupart des chaînes concernées sous-titrent déjà au moins 60% de leur programmation, et atteindront l’objectif de 80% dans les prochaines années. Sur les grandes chaînes de service public, le niveau de sous-titrage se situe entre 80% et 100%.
Les coûts du sous-titrage ont chuté depuis quelques années, du fait de l’arrivée de nouveaux fournisseurs attirés sur ce marché et d’approches innovantes de réduction des coûts. Parmi celles-ci, le recours au sous-titrage en direct depuis l’Australie ainsi que la reconnaissance vocale.
Langue des Signes
En 2006, l’Ofcom a réévalué l’intérêt de proposer la langue des Signes sur les chaînes de télévision avec des audiences relativement faibles – celles dont la part d’audience ne dépasse pas 1%. Nous nous sommes rendu compte que le public qui recourt à la langue des signes constitue une proportion minuscule de l’audience nationale. Nous avons également constaté que la plupart des éditeurs remplissaient leurs obligations par des programmes avec traduction gestuelle (dans lesquels un traducteur est présent dans le coin de l’image). Bien que cette solution garantisse l’accès à une offre de programmes diversifiée, elle était généralement diffusée au milieu de la nuit. En outre, nous avons constaté que les locuteurs de la langue des Signes marquaient une préférence pour les émissions non pas traduites, mais entièrement présentées en langue des Signes. L’Ofcom en a donc conclu que l’application des règles aux chaînes disposant d’une part d’audience de moins de 1% ne présentait que peu d’intérêt pour les locuteurs de la langue des Signes. Nous avons supprimé l’obligation de proposer plusieurs heures d’émissions avec traduction gestuelle pour la remplacer par celle de fournir, à raison 30 minutes par mois, des émissions entièrement présentées en langue des signes, ou de prévoir des arrangements alternatifs pour contribuer à rencontrer la demande de programmes présentés en langue des Signes.
Suite à cela, quelque 60 chaînes ont opté pour des arrangements alternatifs. Elles se sont associées pour constituer le British Sign Language Broadcasting Trust (www.bslbt.co.uk), qui finance la production d’émissions présentées en langue des Signes qui sont diffusées sur la chaîne Récemment, l’Ofcom a passé en revue ces arrangements, et constaté que tant le public que les éditeurs souhaitent leur maintien.
Audio description
En 2005, il n’existait qu’un seul type de décodeur spécialisé qui permettait aux gens de recevoir l’audio description sur les chaînes de la TNT. L’audio description n’était que très faiblement présente sur le satellite, et complètement absente du câble.
L’Ofcom a travaillé en partenariat étroit avec les distributeurs de programmes par satellite et par câble, de sorte qu’ils ont pu offrir l’audio description à leurs abonnés au moyen des décodeurs existants. En deux ans, des récepteurs TNT compatibles avec l’audio description sont apparus, et sont à présent intégrés à de nombreux téléviseurs numériques.
En 2008, l’Ofcom a lancé une vaste campagne destinée à promouvoir l’audio description auprès de ses potentiels bénéficiaires et de leurs proches. Durant 6 semaines, plus de 70 chaînes y ont pris part, en produisant et en diffusant des spots expliquant les avantages de l’audio description et comment y accéder.
A l’heure actuelle, la plupart des chaînes adapte 10% ou plus de ses programmes en audio description. Fin 2009, l’Ofcom a organisé une consultation publique sur l’opportunité de demander au Gouvernement d’accroître l’objectif d’audio description de 10 à 20%, et le cas échéant, sur combien de chaînes. L’Ofcom est actuellement en train d’analyser les contributions reçues et prévoit de transmettre son rapport au Gouvernement dans les semaines qui viennent.
La suite ?
Avec l’essor des services à la demande, des appels ont été lancés de toutes parts pour que ces services proposent des versions accessibles aux téléspectateurs. En accord avec la directive européenne Services de Médias Audiovisuels, l’Ofcom a encouragé les éditeurs de services de vidéo à la demande d’envisager des mesures d’accessibilité. La BBC propose déjà du sous-titrage, de la traduction gestuelle et de l’audio description pour ses services à la demande, et d’autres opérateurs de service public devraient rapidement suivre le pas.
SOURDS.TV Info